Contre-performance des secteurs du raffinage, des mines, du tourisme et des télécoms

Dans un contexte où la zone euro, principale partenaire du Maroc, a enregistré une croissance de seulement 0,9% au quatrième trimestre 2014, l’économie nationale a réalisé un taux de 1,8% à la même période, contre 4,6% le même trimestre une année auparavant.
Selon Bank Al-Maghrib, cette évolution est attribuée à deux facteurs : baisse de 1,4% de la valeur ajoutée agricole et hausse de 2,3% de celle non agricole.

« S’agissant des indicateurs sectoriels les plus récents, ceux relatifs au secteur agricole montrent que la campagne 2014-2015 se déroule dans des conditions climatiques favorables, avec une bonne répartition temporelle et spatiale des précipitations », affirme la Banque Centrale dans un rapport, fraîchement publié.

Pour ce qui est du secteur manufacturier, l’indice de la production industrielle a progressé de 1% au quatrième trimestre 2014 au lieu de 2,2% un an auparavant. Pour les mois à venir, Bank Al-Maghrib, tout en se basant sur ses résultats de l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie relatifs au mois de février dernier, prévoit une amélioration de l’activité industrielle et du taux d’utilisation des capacités de production, passant de 64% à 66%.

Pour le bâtiment et travaux publics, les ventes de ciment se sont accrues de 0,6% à fin mars 2015 contre une diminution de 3,2% un an auparavant. Parallèlement, l’encours des crédits immobiliers a enregistré, à fin février, un accroissement de 3,1% au lieu de 3%, avec une décélération de 6,2% à 5,8% des crédits à l’habitat et une atténuation de la baisse de ceux accordés aux promoteurs immobiliers de 5,1% à 3,9%.

Autre performance enregistrée est celle du secteur énergétique dont l’indice de la production d’électricité a augmenté de 3% au quatrième trimestre contre un repli de 5,7% une année auparavant.
Pour l’année 2015, la production nette d’électricité s’est nettement améliorée de 10,3% à fin février après 4,5% à la même période une année auparavant.

Cette évolution s’explique par la hausse de 4,5% pour l’énergie thermique, qui représente 84% du total, de 93,3% pour celle éolienne et de 15% pour celle hydraulique. En parallèle, la demande s’est accrue de 1,8%, avec une croissance de 2,9% des ventes en basse tension, destinées essentiellement aux ménages, et de 1,6% de celles en haute et moyenne tensions, utilisées par les industriels et les régies de distribution. Conséquence : le recours aux importations a régressé de 25,6% au lieu d’une progression de 6,2%.

A l’inverse, la production du secteur du raffinage a accusé un repli significatif avec un taux de 44,7% à fin février 2015 contre une hausse de 28,2% un an auparavant, reflétant des reculs de 77,1% pour le fuel, de 35,1% pour l’essence et de 52,1% pour le gasoil, contre des augmentations respectives de 4%, 50,9% et 43,3%.

La même contre-performance est observée au niveau du secteur minier dont l’indice de la production a accusé un recul de 3,2% au quatrième trimestre, après celui de 2,5% un an auparavant. Il est prévu même à ce que la production marchande de phosphate se contracte de 5,7% à fin février 2015, pour s’établir à près de 3,7 millions de tonnes, au lieu d’un repli de 0,4% un an auparavant.

Le secteur du tourisme, lui-aussi, n’est pas en forme. En témoigne la baisse de 0,8% à fin février 2015 des arrivées de touristes, après un accroissement de 11,6% durant la même période de l’année dernière. Cette situation recouvre une baisse des arrivées de touristes étrangers de séjour de 6,8% après une hausse de 15,4% un an auparavant et une progression de 8,8% du flux des MRE contre 5,9%.

Bank Al-Maghrib indique dans ce sillage que les recettes voyages ont enregistré une baisse de 5,5% à fin mars, contre une hausse de 4,7% un an auparavant.

Pour la branche des télécommunications, la progression du parc de la téléphonie mobile a ralenti, revenant à 4% au quatrième trimestre après 8,7% un an auparavant, tandis que celle d’internet s’est accélérée, passant de 46% à 72,6%. En revanche, le parc de la téléphonie fixe a reculé de 14,9% après 10,8%.

Bank Al-Maghrib fait savoir, par ailleurs, que la consommation finale des ménages s’est accrue de 2,8% au quatrième trimestre 2014 contre 5,4% un an auparavant, ramenant ainsi sa contribution à la croissance de 2,9 à 1,9 point de pourcentage.

Pour sa part, du côté toujours de la demande, le rythme de progression de la consommation des administrations publiques s’est stabilisé à 2,9% depuis le quatrième trimestre 2013. Sa contribution à la croissance s’est ainsi établie à 0,5 point de pourcentage.

Quant à l’investissement, il s’est redressé de 2,5% après une baisse de 1,8% à la même période une année auparavant, participant à hauteur de 0,8 point de pourcentage à la croissance.

En parallèle, les exportations nettes ont contribué négativement de 1,5 point à la croissance contre une participation positive de 1,8 point un an plus tôt, en liaison avec une baisse de 0,8% des exportations de biens et services et une hausse de 3% des importations.

Compte tenu d’une détérioration de 11,6% de l’épargne brute et une baisse de 6,3% de l’investissement à prix courants, le besoin de financement de l’économie s’est aggravé, d’une année à l’autre, de 5,1% à 6,1% du PIB.