Une table ronde consacrée à la promotion du produit touristique a réuni les institutionnels et les professionnels du secteur à Essaouira, la semaine dernière. La rencontre a été organisée par la Chambre de commerce, d’industrie et de services (CCIS) en collaboration avec la délégation de tutelle.
“Le tourisme est le secteur phare de l’économie locale”, indique Redwane Khanne, président de la CCIS et de l’association Essaouira-Mogador. L’objectif est d’insuffler des dynamiques régénératrices et de mobiliser des synergies pour revitaliser cette activité.
La performance de l’activité touristique est jugée remarquable à Essaouira en 2006. Le secteur a enregistré une croissance de 23% en comparaison avec 2005 et les investissements dans le domaine sont en augmentation constante. La commission provinciale touristique se penche pour étudier une cadence de 20 dossiers par semaine pour des projets d’hébergement, d’hôtellerie, d’animation et de loisirs. Les constructions sont bien avancées pour l’hôtel 5 étoiles de Royal Air Maroc.
Par ailleurs, les travaux de l’Ibis Moussafir du groupe Accor ont débuté depuis trois semaines. En cours de finalisation aussi, un projet d’un village de vacances pour retraités à Sidi Kaouki. Ajouter à cela le festival des Alizés (prévu en avril) et celui des Gnaoua (juin), et l’on peut dire que la conjoncture est très favorable. Aussi est-il important de maintenir la cadence en accompagnant cette dynamique par un effort de fédération et une synergie entre professionnels et institutionnels. “La promotion touristique a des effets d’entraînement positifs indéniables sur les autres secteurs”, a-t-il été souligné.
Le débat a porté essentiellement sur la nécessité de l’instauration de deux desks d’information et des plans de la ville qui aideront à résoudre le problème de détournement de clients. Les particuliers ont en effet pour habitude d’intercepter les visiteurs pour leur proposer la location de maisons individuelles. Les intervenants se sont penchés sur l’éventualité de l’exploitation de l’étude faite par la DPA (délégation provinciale de l’agriculture) pour dégager les opportunités en activités agritouristique génératrices de revenus. Il a été souligné que le label “Patrimoine universel de l’humanité” est très peu ou pas exploité dans la promotion touristique de la ville. Des interrogations ont porté sur le musée Sidi Mohammed Ben Abdellah qui n’est pas suffisamment cité dans les outils promotionnels. Et il a été déploré qu’aucun guide ni plan dédié aux monuments historiques de la ville ne soit disponible.
Le débat a porté également sur l’île de Mogador qui est toujours absente comme détachée du reste du continent de la province. Elle nécessite pourtant une valorisation bénéfique au produit touristique souiri. Les professionnels veulent aussi se mobiliser pour réaliser des études et l’élaboration de circuits touristiques dans l’arrière-pays à commercialiser en package.
Recommandations
Les recommandations ont porté sur la constitution des associations professionnelles par métiers (AIH, Association des restaurateurs, Association des sports et loisirs…), le renforcement des signalétiques, la pose des plans de la ville et guides des monuments historiques. Il s’agit aussi d’assurer la présence d’Essaouira lors des salons et foires touristiques, de mettre en valeur l’île de Mogador, de développer le tourisme rural et d’organiser le corps des guides touristiques. Des formations professionnelles parallèlement aux investissements réalisés sont prévues. Pour la réalisation de ces chantiers, cinq comités composés de professionnels et des institutionnels ont été constitués. 
| Auteur/Source : L'Economiste. |
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