C’est un chantier énorme et non moins épineux que celui auquel s’est attaqué la Confédération Nationale du Tourisme (CNT) depuis le 23 décembre 2014, date de l’élection du binôme Abdellatif Khabbaj – Fouzi Zemrani, au terme d’une assemblée générale ordinaire et élective à jamais gravée dans les annales de cette instance pour la transparence et le sens de responsabilité qui l’ont caractérisée. On rappellera que pour jouir du consensus des électeurs, le team marrakchi avait présenté un projet ambitieux s’articulant sur trois axes stratégiques.

Il s’agit de la mise en œuvre des engagements pris par le secteur privé dans le cadre du contrat-programme Vision 2020, de l’amélioration de la compétitivité des entreprises nationales et de la production de services pour ses membres.

Aujourd’hui, trois mois, jour pour jour, sont passés sur la présentation de son projet de mandat, à la suite de la récupération d’un piteux héritage légué par les prédécesseurs, héritage déficitaire tant sur le volet financier que sur celui du bilan moral, le voici s’inscrire dans une dynamique de redressement salutaire.

Il fallait pour cela jeter les bases d’une nouvelle approche quant à la connectivité de l’ensemble des métiers du tourisme qui tirait sa légitimité du Règlement Intérieur de la CNT, lequel règlement constituait la première pierre angulaire de l’échafaudage.

Dans son entretien avec notre collègue Mohamed Rial (voir « L’Opinion » du 20 mars 2015), the number one de la CNT, Abdellatif Khabbaj, a fait état des avancées spectaculaires réalisées pendant cette courte période de son mandat, lesquelles avancées ont redonné corps et âme à un secteur longtemps moribond:

La mise à jour d’un règlement intérieur, une nouvelle démarche dans la mise en place des Fédérations Régionales du Tourisme qui « seront calquées sur les territoires touristiques, ce qui veut dire une Fédération Régionale pour un Territoire Touristique », un mode de financement beaucoup plus pratique et enfin un calendrier de travail efficient, établi en fonction des priorités dans le temps et dans l’espace.

C’est dire que le sphinx est en train de renaître de ses cendres.
Seulement voilà. Tout n’est pas pour autant au point car l’échafaudage continue à présenter des failles qui risqueraient d’handicaper la construction de l’ouvrage si elles ne sont pas colmatées dans l’immédiat.

Il s’agit des Bureaux de plusieurs Fédérations Régionales du Tourisme, composantes à part entière de ladite Confédération Nationale dont la plupart sont sans légitimité pour avoir siégé pendant des dizaines d’années sans tenir d’assemblées quand elles ne sont pas tout simplement des coquilles vides. Ce qui, dans une certaine mesure, remet en question la légitimité de la composition des Conseils Régionaux et Provinciaux du Tourisme pour non-conformité aux statuts et, partant, elles entachent la réputation de la Confédération mère.
C’est le cas, à titre d’exemple, des Associations Régionales des restaurateurs, des loueurs des transports touristiques, des patrons des maisons d’hôtes et j’en passe.

Il est vrai que le Président de la CNT, M. Abdellatif Khabbaj, qui revient d’ailleurs souvent sur cette question récurrente, en est conscient, mais jusqu’à présent ce problème persiste, fragilisant le chantier.

Si personne ne conteste le satisfaisant bilan du nouveau binôme dirigeant, surtout que son mandat est encore à ses débuts, il n’en demeure pas moins qu’il est impérieux de resserrer les rangs de ses organes, ce qui suppose au préalable leur examen médical et juridique pour une conformité absolue aux statuts en vigueur.